Franco Colapinto a rejeté à Miami l’idée d’une responsabilité exclusive dans l’accident à 50G d’Oliver Bearman à Suzuka, en affirmant n’avoir « jamais bougé de manière agressive » et en révélant avoir envoyé un message à son rival juste après la course, resté sans réponse.
Près d’un mois après l’incident, le pilote Alpine a répondu aux critiques formulées par Bearman, qui avait qualifié sa manœuvre d’« inacceptable » dans le podcast Up to Speed. Colapinto a cherché à calmer le ton, tout en marquant son désaccord. « Le plus important, c’est qu’il aille bien », a-t-il dit. « Après la course, je lui ai immédiatement envoyé un message, et il n’a jamais répondu. » Il a ajouté qu’il était surtout soulagé que rien de plus grave ne se soit produit, malgré « d’importants dégâts » pour Haas.
L’accident s’était produit à l’approche de Spoon Curve, quand Bearman revenait très vite sur la voiture de Colapinto. Avec moins d’énergie à déployer, l’Argentin roulait environ 45 km/h moins vite dans cette portion. Bearman avait quitté la piste avant de heurter lourdement les barrières, pour un impact mesuré à 50G.
Dans les jours qui ont suivi Suzuka, ni les commissaires de la FIA ni Haas n’avaient retenu une faute claire de Colapinto. Le patron de l’équipe Haas, Ayao Komatsu, estimait que le pilote Alpine avait suivi une trajectoire cohérente et qu’aucun des deux pilotes n’était majoritairement responsable. Aucune pénalité n’avait été infligée.
Bearman a depuis livré une lecture bien plus sévère. Dans Up to Speed, le pilote Haas a expliqué que Colapinto s’était décalé pour défendre sa position. Selon lui, un tel mouvement aurait pu rester à la limite avec un écart de vitesse de cinq à 10 km/h, mais plus avec un différentiel proche de 50 km/h. « Il ne m’a pas laissé assez de place », a-t-il dit, en ajoutant avoir eu « de la chance de ne pas le toucher ».
Colapinto conteste cette version. Il soutient que l’incident révèle surtout un problème plus large lié aux vitesses de rapprochement actuelles. « Quand des choses comme celle-ci arrivent, celui qui est derrière a une connaissance totale de sa vitesse, de la quantité de boost qu’il utilise et de ce qu’il tente de faire », a-t-il expliqué. « La personne devant est bien plus aveugle. » Selon lui, les écarts se referment désormais si vite qu’« une seconde après », la voiture derrière a déjà repris « 20 mètres ».
C’est sur cette base qu’il refuse d’endosser seul la faute. « Je pense vraiment que les deux portent une part de responsabilité », a-t-il dit. Il insiste surtout sur un point: « Je dirais que je n’ai jamais bougé de manière agressive à aucun moment, que ce soit à cet instant ou dans ce virage, ce qui aurait provoqué son incident ou son crash. » Colapinto a reconnu qu’il n’était « pas ravi » des commentaires de Bearman, mais espère que les deux pourront « régler cela bientôt ».
Interrogé à son tour à Miami sur ce message qu’il n’aurait jamais reçu, Oliver Bearman, pilote Haas, a répondu: « Honnêtement, je n’ai pas vu le message. » Il a assuré ne nourrir « aucune rancœur », tout en maintenant son sentiment sur le fond. « C’est un accident regrettable. Je pense que cela aurait pu se passer autrement. Je ne pense pas que cela devait se terminer ainsi. »
Au-delà de leur désaccord, l’épisode de Suzuka a ravivé les inquiétudes sur la sécurité dans le cadre réglementaire 2026, tant les écarts de vitesse en ligne droite peuvent devenir extrêmes selon l’énergie disponible. La FIA a déjà apporté des ajustements avant Miami pour réduire le risque de voir se reproduire un scénario similaire.
© Jonathan Borba