Oliver Bearman a quitté les qualifications du Grand Prix de Monaco avec seulement la 19e place, convaincu qu’une vraie chance de Q2, voire de lutte aux portes de la Q3, s’est envolée après le drapeau rouge de la Q1 alors que Haas avait pourtant réussi à reconstruire sa voiture après son gros crash de la FP3 à Massenet.
Le Britannique a insisté sur le fait que son accident du matin n’était pas ce qui avait vraiment ruiné son samedi. Selon lui, le plus gros coup dur est arrivé plus tard, quand son tour rapide a été interrompu par les drapeaux après la sortie de Gabriel Bortoleto. Bearman a expliqué que le chrono qu’il était en train de signer aurait été « largement » suffisant pour entrer dans le top 10 à ce moment-là et passer sans problème en Q2. Au final, il a été éliminé pour 0"013 seulement de la zone de qualification.
« Le tour sur lequel j’étais quand c’est passé au jaune était suffisant, facilement, pour être dans le top 10 à ce stade des qualifications, ce qui nous aurait facilement fait passer en Q2 », a déclaré Oliver Bearman, pilote Haas F1 Team. « Je pense vraiment qu’on avait ce qu’il fallait pour se battre à la limite de la Q3 aujourd’hui. »
La frustration de Haas vient du fait que la voiture était revenue compétitive après une matinée chaotique. En FP3, Bearman a perdu le contrôle en arrivant vers Massenet après s’être décalé hors trajectoire dans le trafic. Il a raconté avoir simplement ramassé de la poussière dans une zone sale du circuit, avant de partir en tête-à-queue dans ce qu’il a décrit comme « l’accident le plus étrange » de sa jeune carrière en Formule 1. L’impact a endommagé le côté droit et l’arrière de sa VF-26, provoquant un drapeau rouge d’environ sept à huit minutes.
Bearman a expliqué que l’incident l’avait surpris parce qu’il ne correspondait pas du tout au comportement de la voiture jusque-là. En revoyant les images, il a dit avoir aperçu qu’il s’était retrouvé un peu plus à droite pour éviter une voiture dans le trafic, avant de prendre la poussière. Haas a ensuite remis la voiture en état à temps pour les qualifications, et il a assuré qu’elle « se sentait de nouveau très bien » au moment le plus important de la journée.
C’est la neutralisation en fin de Q1 qui a tout fait basculer. Après l’arrêt provoqué par l’accident de Bortoleto, Bearman a expliqué que Haas a dû patienter environ deux à deux minutes et demie dans la file des stands avant de le relancer directement sur un tour de poussée avec un train neuf. Alors que l’équipe avait jusque-là surtout travaillé avec des tours de préparation, ses pneus étaient selon lui environ 10°C trop froids.
Le résultat a été immédiat. Bearman a raconté qu’il glissait « partout » sur son dernier tour et qu’il n’avait « tout simplement aucun grip ». Dans la séquence décisive, il disait déjà perdre cinq dixièmes avant même le tunnel. « Je poussais à 110 %, je donnais tout, mais il n’y avait nulle part de l’adhérence », a-t-il dit, expliquant qu’il savait devoir sortir un tour parfait pour survivre à la Q1.
Cette lecture est partagée par Haas. Ayao Komatsu, team principal de l’équipe, a parlé d’une « opportunité manquée » après une qualification qui ne reflétait pas la vitesse réelle de la VF-26. Il a estimé que la montée en grip entre la FP2 et les qualifications avait permis à Haas de progresser, au point d’avoir « définitivement » la possibilité de placer au moins une voiture en Q3. Komatsu a aussi indiqué que Bearman était 0"35 plus rapide que Liam Lawson avant le drapeau rouge, alors que Lawson a finalement atteint la Q3.
À Monaco, ce genre d’occasion perdue pèse plus lourd qu’ailleurs. La 19e place de Bearman représente son pire résultat de qualification de la saison 2026, alors que Haas avait montré tout au long du week-end un rythme de milieu de grille capable de viser bien mieux qu’une place en dernière ligne presque imposée par le chaos de la Q1.
© Jonathan Borba