© Jonathan Borba

Audi progresse, mais Spielberg laisse encore à quai

Audi a quitté le Grand Prix d’Autriche 2026 sans point, avec Gabriel Bortoleto 11e et Nico Hülkenberg 12e, alors même que le week-end a confirmé un vrai gain de performance que l’équipe n’a pas réussi à convertir à Spielberg.

Le paradoxe du Red Bull Ring tient au fait qu’Audi avait amené plusieurs évolutions, sur le plancher, l’essieu arrière et l’aileron avant, et qu’elles ont produit l’effet attendu sans changer le résultat brut. Bortoleto a résumé ce décalage après l’arrivée en expliquant que « l’évolution du package a bien fonctionné » et que « tout ce qu’on amène fonctionne ». Mais ce progrès n’a pas suffi à entrer dans le top 10 sur un tracé qui a continué d’exposer les limites de la voiture.

Le verrou s’est surtout situé le samedi. Malgré ce qu’il a décrit comme « une des meilleures rondes de ma carrière », Bortoleto n’a pu faire mieux que 12e en qualifications. Hülkenberg s’est arrêté en 14e position avec un tour en 1:07.293 sur les 4,326 km du circuit autrichien. Les deux Audi ont donc été éliminées en Q2, et cette position de départ a pesé lourd sur la suite.

Hülkenberg avait pourtant prévenu que le tableau des évolutions restait relatif. Le pilote Audi a jugé après les qualifications qu’il ne ressentait pas « un grand changement », ajoutant que l’équipe se situait « à peu près là où [elle] est toujours », pendant que les rivaux continuent eux aussi à développer. Il a surtout pointé les caractéristiques du Red Bull Ring, avec « trois longues lignes droites », comme un handicap pour une Audi encore « un peu en retrait » dans la comparaison moteur, même après une mise à jour apportée à Barcelone.

Le week-end n’avait pourtant pas commencé sous de mauvais auspices. Dès vendredi, Hülkenberg avait terminé 7e de la deuxième séance d’essais et Bortoleto 10e, les deux pilotes parlant d’un ressenti positif avec le nouveau package. Directeur de course d’Audi, Allan McNish a ensuite estimé que « la long-run pace était prometteuse tout le week-end », un constat confirmé par la course.

En rythme pur, Audi estime même ne pas avoir été loin des Racing Bulls, qui ont transformé leur avantage en points avec Liam Lawson et Arvid Lindblad. Interrogé après l’arrivée, Nico Hülkenberg, pilote Audi, a assuré que « d’après ce que j’ai entendu, le rythme en air libre était vraiment fort ». Il a ajouté qu’« si nous pouvons partir à côté des Racing Bulls ou devant elles, alors nous avons aussi la possibilité de nous battre avec elles ». Mais en s’élançant du fond du groupe, Audi a passé sa course à essayer de compenser ce déficit de position plutôt qu’à l’exploiter.

Hülkenberg a aussi défendu la performance du dimanche contre l’idée d’un manque de rythme, estimant que le problème venait d’abord du trafic et de la difficulté à remonter. Bortoleto a tenu le même discours après une course qu’il a jugée maximisée, tout en reconnaissant que les Racing Bulls étaient « un peu devant » ce week-end.

Ce nouveau zéro laisse Audi au 9e rang du championnat constructeurs, mais l’équipe repart de Spielberg avec un signal plus encourageant que le classement ne le suggère. McNish a parlé d’« une autre étape importante en avant » et a estimé qu’en Autriche, Audi s’était affirmée comme la sixième force du plateau sur l’ensemble du week-end. Le prochain test, à Silverstone, sera de transformer enfin ce progrès en points.