Aston Martin n’a apporté aucune évolution officielle majeure sur l’AMR26 depuis deux mois et n’attend pas de vrai package avant l’été, estimant que son retard est aujourd’hui trop important pour que de petites pièces changent réellement sa place en piste.
Le choix a été assumé publiquement par Fernando Alonso après Miami. Le pilote Aston Martin a expliqué être « en paix » avec cette décision, car « nous sommes P20 ou P19 et la voiture suivante est à une seconde devant, donc même si nous apportons deux dixièmes à chaque course, cela ne change pas notre position ». Sous plafond budgétaire, il a résumé la logique de l’équipe ainsi : « Tant que nous n’avons pas 1,5 ou 2 secondes de gain, il vaut mieux ne pas appuyer sur le bouton de production, parce qu’on gaspille de l’argent. »
À Montréal, cette approche s’est encore vue clairement. L’AMR26 y était de nouveau la seule voiture inchangée par rapport à sa spécification du Grand Prix du Japon, en mars. Mike Krack, responsable piste d’Aston Martin, a précisé qu’il y avait bien des modifications sur la voiture, mais pas « le genre de modifications que l’on attend d’une grosse liste d’évolutions dévoilée le vendredi matin ». Selon lui, les nouvelles pièces visibles « arriveront autour de l’été », tandis que le travail actuel porte sur des changements plus détaillés, moins visibles, censés aider l’équipe à progresser.
Lance Stroll a lui aussi placé la prochaine vraie étape plus loin dans la saison. Le Canadien a évoqué une arrivée « à Spa ou juste après Spa, je ne sais pas laquelle, Zandvoort ? », ce qui situe la fenêtre entre le Grand Prix de Belgique du 16 au 19 juillet et le Grand Prix des Pays-Bas du 20 au 23 août, avec la Hongrie entre les deux. Il a aussi calmé les attentes, en reconnaissant que ce ne sera pas suffisant « pour se battre à l’avant ».
Ce report ne signifie pas qu’Aston Martin n’a rien réglé. Alonso a expliqué avant le Grand Prix du Canada que plusieurs faiblesses de pilotage ont été mieux maîtrisées, notamment les passages de rapports brusques, le comportement au frein moteur et la confiance à l’accélération en sortie de virage. Mais il a aussitôt relativisé l’effet de ces progrès, qu’il chiffre à « peut-être un demi-dixième », alors que le déficit de performance de fond reste « presque inchangé ».
Honda dresse un constat proche sur la partie moteur. Shintaro Orihara, ingénieur en chef de Honda en Formule 1, a indiqué que le constructeur a identifié la combustion et les frictions comme les principaux axes à améliorer. Il a dit que des « signes positifs » apparaissent dans les données et vise des progrès visibles d’ici la pause estivale. En même temps, il a reconnu un écart de « plusieurs dizaines de chevaux » et une différence persistante entre « les exigences des pilotes et nos résultats », même si le Canada a montré des signaux encourageants en matière de drivabilité et aucun problème majeur de groupe propulseur.
Le résultat de cette stratégie est qu’Aston Martin reste coincée au fond de grille, à se battre avec Cadillac, avec pour meilleur résultat la 16e place en qualifications sprint au Canada et la 15e place à l’arrivée des deux courses de Miami. L’équipe parie désormais sur un vrai pas en avant voiture et moteur pendant l’été, plutôt que de disperser ses ressources sur des gains trop faibles pour changer sa compétitivité.
© Liauzh