Malgré sa victoire à Miami, Andrea Kimi Antonelli a admis que ses départs restaient « pas acceptables », et Mercedes vise désormais le Canada pour corriger enfin un point faible déjà identifié comme un mélange de réglage électronique et d’exécution au volant.
Le problème a encore sauté aux yeux en Floride. Parti en pole, le pilote Mercedes a perdu la tête dès le premier virage face à Charles Leclerc avant de remporter tout de même la course. La veille, dans le sprint, il avait perdu six places à l’extinction des feux. Ce contraste résume son début de saison: trois victoires consécutives, 20 points d’avance sur George Russell, mais une fragilité persistante au moment le plus explosif d’un Grand Prix.
Après Miami, Antonelli a reconnu que le progrès restait insuffisant. « Aujourd’hui, pour être honnête, ce n’était pas si mauvais. J’ai perdu deux places, dans le sprint j’en ai perdu six, donc c’était un peu mieux. Mais ce n’est toujours pas acceptable », a déclaré Andrea Kimi Antonelli, pilote Mercedes, aux médias. Il a ajouté que, sur un week-end aussi serré, « cela peut vraiment changer la course ».
Le pilote italien a aussi pris sa part de responsabilité. Il a expliqué que le sujet devait être travaillé avec l’équipe, mais qu’il venait « surtout » de lui, car il est encore « un peu irrégulier », surtout au moment de relâcher l’embrayage, et qu’il n’a pas encore la confiance nécessaire pour être constant.
Mercedes, de son côté, a isolé une cause précise après le Grand Prix de Miami: un réglage électronique incorrect de la libération de l’embrayage et du couple transmis aux roues motrices. L’équipe s’était déjà penchée sur le dossier après les trois premières courses, avec des centaines d’essais de départ au simulateur pour Antonelli dans des conditions d’adhérence variées. Une nouvelle commande d’embrayage au volant est attendue au Canada, où l’écurie espère effacer les dernières incertitudes.
Le chantier est d’autant plus sensible que la procédure de départ 2026 s’est compliquée. Les pilotes doivent désormais gérer un régime moteur de départ plus élevé pour compenser le turbo lag, sans l’aide du MGU-H. Cela rend le point de patinage de l’embrayage plus difficile à trouver au bon moment, tout en exigeant une plus grande précision dans la façon de relâcher le levier. Le logiciel peut modéliser la montée en puissance selon l’adhérence et le point de patinage, mais l’accord parfait entre les deux reste à la charge du pilote.
Dans ce contexte, Jolyon Palmer a pointé un risque immédiat pour la suite du calendrier. Sur F1 TV après Miami, l’ancien pilote de F1 et consultant a averti: « La distance jusqu’au virage 1 est courte au Canada. Elle est encore plus courte à Monaco. Mais au Canada, il y a encore des possibilités de dépassement. S’il ne règle pas ça avant Monaco, il peut être en pole et n’avoir aucune chance de gagner s’il ne prend pas un bon départ. C’est donc son grand point de travail. »
L’enjeu dépasse donc le simple détail technique. À Miami, Antonelli a pu récupérer malgré un envol manqué, alors même que la McLaren MCL40 mise à jour de Lando Norris et Oscar Piastri apparaissait devant en performance pure en Floride. Si McLaren, Ferrari et Red Bull continuent de se rapprocher, perdre des positions au départ ne sera plus forcément rattrapable. Le Canada servira de premier test grandeur nature pour la réponse de Mercedes avant Monaco, où un mauvais départ pourrait suffire à transformer une pole en victoire perdue.
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