© Charles Coates/LAT Photographic

Antonelli en pole, Monaco déjà tourné vers dimanche

Kimi Antonelli, leader du championnat, a décroché à Monaco sa quatrième pole position en 1:12.051, devant Max Verstappen en 1:12.094 et Lewis Hamilton en 1:12.279, un écart infime qui place Mercedes en position idéale sur un circuit où la grille pèse souvent très lourd sur le résultat final.

La qualification a encore confirmé le caractère décisif du samedi en Principauté. Tous les pilotes ont roulé en C5, certains pouvant enchaîner plusieurs tours lancés sur le même train dès la Q1, tandis qu’en Q3 les trois premiers ont construit leur tentative finale avec un tour de sortie, un tour de préparation puis le tour décisif.

Dario Marrafuschi, dans le commentaire technique de Pirelli pour le week-end, a résumé l’enjeu en affirmant qu’« il n’y a aucun autre week-end de course où le samedi est aussi important que le Grand Prix lui-même ». Il a ajouté qu’à Monaco, « la position obtenue en qualification détermine souvent le résultat final du dimanche, car dépasser est extrêmement difficile ».

Cette lecture favorise clairement Antonelli, mais Pirelli ne présente pas la pole comme une garantie. Simone Berra, ingénieur en chef de Pirelli, a expliqué dimanche matin que partir devant reste « fondamental », sans pour autant assurer la victoire avec les monoplaces actuelles. Selon lui, la course dépendra aussi du rythme avant et après l’arrêt, ainsi que de la manière dont les pilotes géreront les pneus en début d’épreuve pour défendre ou reprendre la position en piste.

Berra s’attend surtout à une course orientée vers l’overcut plutôt que vers l’undercut. Il a jugé l’undercut moins efficace qu’à l’habitude parce qu’avec une piste peu énergique et des pneus plus difficiles à amener immédiatement dans leur fenêtre, « il faut deux ou trois tours pour extraire le pic d’adhérence », ce qui empêche d’attaquer pleinement dès le premier virage après l’arrêt.

Sans neutralisation, le scénario privilégié reste celui d’un seul arrêt. Berra a rappelé qu’un passage par les stands coûte normalement environ 23 secondes en rythme de course, mais qu’une Safety Car ou une Virtual Safety Car peut réduire cette perte de moitié. Dans ce cas, il a estimé que les équipes pourraient tenter d’exploiter la VSC pour gagner « 10 à 12 secondes », ce qui changerait fortement la hiérarchie stratégique.

Le choix du pneu de départ pourrait donc être presque aussi important que la pole elle-même. Berra a indiqué que le tendre lui semble « le meilleur compromis au départ » parce qu’il monte plus vite en température, offre davantage de grip au lancement et peut couvrir « 70 à 80 % de la distance totale ». Marrafuschi a, lui, dessiné plusieurs fenêtres crédibles pour l’arrêt: entre les tours 29 et 35 en partant en soft pour finir en dur, entre les tours 33 et 39 en partant en medium, ou un passage du soft au medium entre les tours 31 et 37.

Sur un week-end où Pirelli considère que la gestion du premier relais et la capacité à allonger avant l’arrêt peuvent peser plus qu’un undercut agressif, Antonelli abordera donc le Grand Prix avec l’avantage le plus recherché à Monaco, mais aussi avec l’obligation de convertir cette pole dans une course qui devrait se jouer sur la maîtrise du tempo et du moment exact du seul arrêt.