Carlos Sainz estime que la Formule 1 n’avance pas plus vite sur les futures règles moteur pour des raisons politiques, les équipes et surtout les motoristes cherchant à protéger leur avantage de performance.
Le pilote Williams, qui est aussi directeur du GPDA, a expliqué à RacingNews365 que le blocage n’était pas d’abord technique. « Ce qui retient tout, c’est d’arriver à aligner politiquement toutes les équipes », a déclaré Carlos Sainz, pilote Williams et directeur du GPDA. « Il y a clairement beaucoup d’intérêts politiques. Certains ont mieux travaillé que d’autres dans certains domaines et ne veulent pas perdre leur avantage de performance à cause de changements de règlement. »
Sainz a visé plus directement l’influence des constructeurs d’unités de puissance dans les discussions. Selon lui, le processus donne trop de poids aux parties qui ont le plus à perdre en cas de modification des règles. « On donne trop de pouvoir aux équipes et, au final, surtout aux fabricants d’unités de puissance, qui vont se battre de toutes leurs forces pour leurs propres intérêts », a-t-il dit. Il a ajouté que, si la FIA tranchait simplement, « la plupart des équipes pourraient s’y adapter », mais qu’« il y a des intérêts en jeu, et ils tirent les ficelles partout ».
Le sujet a repris de l’ampleur pendant la pause d’avril, lorsque la FIA, la F1, les équipes et les motoristes ont discuté d’ajustements aux règles moteur après les inquiétudes liées au « superclipping ». Des changements ont été validés pour le Grand Prix de Miami, avec un superclipping porté à 350 kW et une énergie totale réduite de 8 MJ à 7 MJ. En revanche, les modifications plus larges envisagées pour 2027 restent bloquées.
Cette impasse tient aussi au mode de décision. Andrea Stella, directeur de McLaren, a dit avoir défendu un report plus large des changements jusqu’en 2028. Toute révision majeure doit obtenir une supermajorité au sein du Power Units Advisory Committee, où siègent la FIA, la F1 et les cinq motoristes présents, Mercedes HPP, Ferrari, Honda, Audi et Red Bull Powertrains. Pour faire passer un changement important, il faut le soutien de la FIA, de la F1 et d’au moins quatre de ces cinq fabricants.
La position de Sainz est d’autant plus notable que Williams utilise un moteur Mercedes, alors même qu’il reconnaît implicitement qu’un changement pourrait réduire l’avantage de certains fournisseurs. Il a pourtant assuré qu’il soutiendrait malgré tout des évolutions rapides si elles servent l’intérêt général du championnat.
Sur le front du GPDA, Sainz a indiqué que les pilotes pousseraient pour une intervention dès 2027. Cette prise de position souligne le fossé actuel entre l’urgence perçue par les pilotes et un système de vote où les fabricants de moteurs gardent un pouvoir suffisant pour ralentir toute réforme majeure.
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