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Red Bull relance sa RB22 avec sa propre Macarena

Red Bull a débarqué à Miami avec sept évolutions sur la RB22, dont sa propre version de l’aileron arrière « Macarena », dans une tentative claire de corriger une voiture trop imprévisible depuis le début de saison et de la rendre enfin plus exploitable pour Max Verstappen et Isack Hadjar.

C’est cet aileron arrière rotatif qui a immédiatement capté l’attention lors des EL1. Ferrari avait lancé le concept pendant l’hiver, puis l’avait brièvement montré en week-end de course en Chine avant de le retirer pour poursuivre son travail. Red Bull a présenté à Miami sa propre interprétation après un test réussi à Silverstone pendant la pause de cinq semaines. Selon les informations communiquées dans le paddock, le système de Ferrari peut pivoter jusqu’à 270 degrés, tandis que la version Red Bull semble tourner d’environ 160 degrés dans le sens inverse, avec le même objectif: réduire fortement la traînée en ligne droite.

L’écurie de Milton Keynes rejette pourtant toute idée de copie. Laurent Mekies, directeur de Red Bull, a déclaré à Sky Sports F1: « Aussi peu que vous allez me croire, je dois dire, pour être juste envers les gars, qu’ils avaient trouvé ce concept bien, bien avant que nous prenions la piste et que nous voyions ce que les autres faisaient. » Il a ajouté que l’équipe avait d’abord « de plus gros problèmes à résoudre » avant de pouvoir amener cet aileron sur la voiture, y voyant aussi « une bonne indication de la pression à laquelle tout le monde travaille ».

Le point important, pour Red Bull, est que ce nouvel aileron n’est qu’une partie d’une refonte bien plus large. La RB22 a reçu un nouvel aileron avant, avec des endplates profondément revus et un grand diveplane extérieur, de nouvelles entrées au niveau du train avant, un plancher retravaillé, des pontons redessinés, un capot moteur modifié et des changements autour des roues arrière et de la suspension. L’idée affichée est d’extraire plus d’appui tout en gardant un écoulement plus stable vers l’arrière de la voiture.

Les pontons constituent d’ailleurs l’un des changements les plus visibles. Red Bull a accentué la rampe arrière et intégré un canal plus profond pour guider l’air vers le diffuseur, tout en s’éloignant de certaines formes utilisées plus tôt dans la saison. L’équipe a aussi revu la géométrie avant du plancher pour l’intégrer à cette nouvelle carrosserie. En arrière-plan, le message est le même sur plusieurs documents techniques: la RB22 doit devenir « plus prévisible », surtout en virage.

Cette orientation répond directement au mauvais début de saison de Red Bull. Mekies a reconnu que l’équipe avait dû mener un travail de fond pour comprendre ce qui limitait sa voiture, alors même que Verstappen et Hadjar avaient signalé au Japon qu’elle restait difficile à cerner. Il a expliqué à Sky Sports F1 qu’un « énorme travail » avait été mené à Milton Keynes pour identifier le problème et apporter les nouveautés, évoquant notamment « pratiquement deux planchers en parallèle » dans le programme de développement.

Le chantier ne concernait pas seulement l’aérodynamique. Red Bull travaillait aussi sur le poids de la RB22. Plusieurs informations concordent sur une monoplace qui accusait environ 12 kg de surpoids en début d’année, avec un gain proche de 6 kg apporté à Miami, même si l’objectif de masse minimale de 768 kg n’est pas encore atteint.

Mekies a toutefois pris soin de tempérer les attentes. Toujours avant le week-end, le directeur de Red Bull a prévenu qu’il ne fallait « pas s’attendre à des miracles ». Il a ajouté: « Nous ne pensons pas avoir réglé tous nos problèmes d’un seul coup, mais nous voulons à tout prix donner à Max et Isack une voiture avec laquelle ils se sentiront plus à l’aise pour attaquer. »

Les premiers signaux allaient néanmoins dans le sens recherché. Après la première séance, Mekies a parlé de « signes encourageants » et d’« un pas dans la bonne direction pour l’instant ». Il a aussi expliqué que l’équipe se concentrait d’abord sur elle-même après la pause et après tous ces changements, plutôt que sur la comparaison immédiate avec la concurrence. Sur le ressenti pilote, Verstappen a lui aussi livré une évaluation positive, qualifiant les évolutions de « pas en avant très positif ».

C’est ce qui donne à la nouveauté de Miami une portée plus large qu’un simple duel visuel avec Ferrari autour du « Macarena wing ». Red Bull n’a pas seulement voulu montrer qu’elle pouvait répondre à une idée rivale. Elle a surtout tenté de remettre sa saison sur les rails avec une RB22 moins capricieuse, plus cohérente et suffisamment stable pour permettre à Verstappen de pousser de nouveau la voiture à sa limite.