Alors qu’Andrea Kimi Antonelli mène le championnat du monde 2026 avec neuf points d’avance sur George Russell après trois Grands Prix, Toto Wolff a prévenu que Mercedes laissera ses deux pilotes se battre pour le titre, mais pas au prix de l’intérêt de l’équipe.
L’avertissement arrive au moment où la hiérarchie interne de Mercedes prend une dimension mondiale. Russell a remporté le Grand Prix d’Australie en ouverture de saison, puis Antonelli a répondu avec deux victoires de suite en Chine et au Japon. Ce départ a alimenté l’idée d’un duel direct entre les deux pilotes des Flèches d’Argent pour le championnat.
Toto Wolff, directeur de Mercedes F1, a expliqué à des médias dont Crash.net et lors d’une conférence de presse virtuelle lundi 20 que l’équipe n’avait pas l’intention de figer cette bataille. « L’étrangeté de la Formule 1 réside dans le fait que les deux coéquipiers sont aussi les plus grands concurrents », a-t-il déclaré. « Et nous avons beaucoup appris au cours des dix dernières années sur la meilleure façon de gérer ces situations. Mais “mieux gérer” signifie aussi les laisser courir et accepter le fait qu’ils s’affrontent. »
La liberté a toutefois une limite claire. Wolff a rappelé que, chez Mercedes, aucun pilote ne passe avant la structure qu’il représente. « L’équipe sera toujours plus grande que les pilotes. C’est Mercedes, l’une des marques les plus prestigieuses au monde, la meilleure marque automobile », a-t-il dit. Il a insisté sur la responsabilité attachée au volant de la marque allemande en rappelant que l’entreprise compte 150 000 salariés et existe depuis plus de 120 ans.
C’est sur ce point que son message s’est durci. « Dès l’instant où un pilote a l’impression que tout tourne autour de lui, c’est un état d’esprit que nous n’autoriserons jamais et que nous n’accepterons pas dans l’équipe », a affirmé Wolff. « Je préférerais n’avoir qu’une seule voiture en piste si les choses n’étaient pas claires. »
Cette ligne rouge renvoie directement au précédent Lewis Hamilton-Nico Rosberg. Entre 2014 et 2016, Mercedes a déjà vécu une lutte pour le titre entre équipiers, une rivalité qui a parfois débordé et dont Wolff a fait un point de référence pour la gestion actuelle de Russell et Antonelli.
Le patron de Mercedes ne pense toutefois pas devoir aller jusque-là avec son duo 2026. Il estime que Russell et Antonelli, présents depuis longtemps dans la famille Mercedes, partagent déjà « cet état d’esprit », « cette approche philosophique » et « l’héritage qu’ils représentent ».
Russell tient le même discours. Le pilote Mercedes a assuré à PlanetF1 n’être « pas du tout » inquiet d’un éventuel favoritisme interne et a affirmé que sa relation avec Antonelli restait « très bonne ». Pour Mercedes, c’est l’enjeu central du début de saison : conserver la liberté de ses pilotes sans revivre une guerre interne capable de compromettre une voiture aujourd’hui en position de jouer le titre mondial.
© Spencer