Mercedes a abandonné les discussions pour racheter les 24% d’Alpine détenus par Otro Capital, après avoir refusé un prix d’environ 720 millions de dollars qui valorisait implicitement l’équipe à près de 3 milliards de dollars.
Selon des informations rapportées par la BBC, Motorsport.it, GrandPrix.com et Motorsport-Total.com, le constructeur allemand travaillait depuis plusieurs semaines sur une prise de participation minoritaire dans l’écurie française, dans l’idée de resserrer une relation déjà existante. Le dossier a finalement été refermé sur un désaccord majeur de valorisation, Mercedes jugeant le montant demandé trop élevé et financièrement trop risqué.
Le blocage s’est cristallisé autour du prix réclamé pour la part d’Otro Capital. Les différents reportings situent cette demande autour de 720 millions de dollars, soit environ 618 à 620 millions d’euros, pour 24% du capital. Une telle base valorisait Alpine entre 2,58 et 3 milliards de dollars. Mercedes, de son côté, estimait plutôt l’équipe dans une fourchette de 2,2 à 2,4 milliards de dollars. Cette lecture se rapprochait aussi de l’évaluation de Forbes, qui situait Alpine à 2,45 milliards de dollars en novembre 2025.
Une source de Renault, citée par la BBC puis reprise dans la presse anglophone et germanophone, a confirmé l’arrêt du processus en déclarant: « Notre compréhension est que les discussions ont été arrêtées. »
L’échec est d’autant plus notable que Renault n’aurait pas freiné cette piste. Le groupe français, propriétaire des 76% restants d’Alpine, avait selon ces informations privilégié Mercedes comme acheteur de la participation d’Otro Capital. Renault conserve en outre un droit de veto sur toute vente jusqu’en septembre, ce qui lui permet de garder la main sur l’évolution de l’actionnariat.
Ce verrouillage a aussi pesé sur les autres options. Plusieurs médias ont indiqué qu’une piste impliquant Christian Horner avait été écartée, Renault n’ouvrant pas la porte à cette solution pendant que Mercedes restait le candidat favori.
Pour Alpine, la situation laisse en suspens la vente du bloc minoritaire alors même que les liens avec Mercedes sont déjà étroits sur le plan sportif et technique. Depuis cette saison, l’équipe d’Enstone reçoit de Mercedes des éléments du groupe propulseur, la transmission et la suspension arrière. Le partenariat industriel se poursuit donc, mais sans prolongement capitalistique pour l’instant, ce qui maintient l’incertitude sur l’avenir des 24% qu’Otro Capital cherche à céder.
© Jonathan Borba