La Cour d’appel internationale de la FIA entend à huis clos à Paris l’appel de McLaren et Red Bull contre l’annulation des deux pénalités de Pierre Gasly au Grand Prix de Monaco, dans une affaire qui expose la différence de traitement entre une sanction purgée en course et une pénalité ajoutée après l’arrivée.
Gasly avait franchi la ligne en troisième position pour Alpine, avant d’être rétrogradé au septième rang après deux pénalités de cinq secondes pour excès de vitesse distincts dans la voie des stands, limitée à 60 km/h. Les 10 secondes avaient été ajoutées à son temps final, ce qui avait initialement placé Isack Hadjar sur le podium et fait gagner une position à Oscar Piastri, Liam Lawson et Arvid Lindblad.
Alpine a ensuite obtenu un droit de révision. Les commissaires ont établi que les chronométreurs officiels avaient utilisé une distance erronée pour la voie des stands, surévaluée de 77 centimètres selon les éléments du dossier. Cette donnée, indisponible au moment des décisions initiales, a été considérée comme nouvelle, pertinente et significative. Les deux sanctions ont donc été annulées et Gasly réinstallé à la troisième place.
C’est cette issue que contestent McLaren et Red Bull. Piastri avait, lui, purgé sa pénalité de cinq secondes lors d’un arrêt aux stands. George Russell avait également exécuté la sienne, avant de recevoir un drive-through pour l’avoir mal purgée et de terminer 12e. Le règlement ne prévoit pas de mécanisme permettant d’effacer les conséquences d’une sanction déjà exécutée, alors que les pénalités de Gasly n’avaient pas été purgées et pouvaient encore être retirées de son temps final.
Andrea Stella, directeur de McLaren F1, a expliqué aux médias, dont RacingNews365, que son équipe se présentait avec un « double objectif ». « Nous pensons que la procédure qui a suivi la course de Monaco doit être réexaminée car, au nom de l’équité envers tous les concurrents, le fait que la pénalité ait été annulée soulève des préoccupations majeures », a-t-il déclaré.
McLaren entend ainsi obtenir une clarification de principe sur la procédure appliquée à Monaco, au-delà de son propre intérêt sportif. Stella a aussi estimé que l’équipe avait été « concrètement pénalisée » en ayant purgé une sanction dont les effets ne pouvaient plus être annulés, ce qui lui aurait « coûté des points au championnat ».
La décision de la Cour déterminera donc à la fois la validité du podium de Gasly et le précédent réglementaire applicable lorsque des erreurs de chronométrage sont découvertes après qu’une pénalité a déjà été exécutée.
© Jonathan Borba