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Hamilton relance Ferrari et revient au podium

Après une première saison 2025 très compliquée chez Ferrari, Lewis Hamilton a lancé 2026 sur des bases radicalement différentes en montant sur le podium dès son deuxième Grand Prix et en prenant même un léger avantage sur Charles Leclerc en qualifications.

Le contraste est net. L’an dernier, le septuple champion du monde était resté bloqué à 24 reprises hors du podium. Cette fois, il a retrouvé le top 3 presque immédiatement, dans un début de saison qui donne enfin le sentiment d’un duo Hamilton-Ferrari installé sur des fondations plus solides.

Cette évolution se lit aussi dans les chiffres. Sur les quatre premières séances qualificatives de 2026, sprint de Chine comprise, Hamilton devance Leclerc de 0,017 seconde en moyenne. L’échantillon reste réduit, mais l’écart tranche avec 2025, où il accusait environ un retard moyen de deux dixièmes et demi sur son équipier monégasque.

Frédéric Vasseur, directeur de Ferrari, a expliqué à The Race avant la pause d’avril que cette progression n’avait rien d’un hasard. « Nous en avons parlé toute la saison l’an dernier. C’est vrai que c’est plus facile de le faire en décembre et d’avoir une vue d’ensemble que d’en parler course par course, parce que dans ce cas on est davantage attaché aux détails », a-t-il dit. Selon lui, 2025 « avait très bien commencé puis c’est devenu très irrégulier », et Hamilton « a aussi été le premier à comprendre où il devait progresser ».

Vasseur a surtout relié ce mieux à une intégration enfin aboutie dans un environnement très différent de tout ce que Hamilton avait connu jusque-là. Avant Ferrari, toute sa carrière en F1 s’était déroulée chez McLaren et Mercedes. Le patron de la Scuderia a reconnu avoir sous-estimé le temps nécessaire pour construire cette connexion. « C’est étrange parce qu’on passe 24 week-ends ensemble, mais ce n’est pas le bon endroit pour apprendre à se connaître pendant un week-end de course. C’est parfois mieux en dehors des circuits », a-t-il ajouté.

Cette fois, Hamilton n’a plus le rôle d’un pilote qui s’adapte à un projet déjà lancé. Vasseur estime qu’il a désormais « le sentiment de diriger le projet », parce qu’il participe dès l’origine aux choix de la voiture. Il a pris l’exemple du travail au simulateur sur la monoplace suivante, quand les pilotes sont consultés sur des éléments comme la suspension de l’année d’après. Pour Ferrari, le fait d’avoir le sentiment d’être à l’origine des décisions change directement le niveau de confiance.

Vasseur a résumé cet effet en des termes très clairs: Hamilton a aujourd’hui « ce sentiment d’être là depuis le début du projet, ce qui, d’un point de vue psychologique et technique, est vraiment très utile ». C’est aussi pour cela qu’il assure n’avoir jamais douté du choix de le recruter. Au contraire, il dit avoir été « encore plus convaincu » qu’il fallait l’aider à tout mettre en place et à le placer dans les bonnes conditions, en rappelant que « le potentiel n’a jamais disparu » et qu’« il y a toujours eu des tours où il faisait du bon travail ».

Le retour de Hamilton s’explique aussi par une Ferrari 2026 plus compétitive que la monoplace 2025, jugée délicate, irrégulière et décevante. Mais chez Ferrari, le point le plus important n’est pas seulement la voiture. Le vrai changement est que Hamilton semble enfin pleinement chez lui dans l’équipe, suffisamment intégré pour transformer cette adaptation en performance immédiate face à Leclerc et en résultats concrets dès le début de saison.