© Jonathan Borba

FIA: un système anti-départ raté testé dès Miami

La FIA testera dès Miami un système d’assistance électronique au départ pour éviter qu’une F1 trop lente ne reste bloquée sur la grille, avec une intervention automatique du MGU-K en cas de situation jugée dangereuse, mais sans utilisation en départ de course tant que le dispositif n’aura pas été validé.

Nikolas Tombazis, directeur monoplace de la FIA, a expliqué que cette mesure répond à un risque accru par les unités de puissance 2026. Avec des turbocompresseurs plus lents à monter en pression en l’absence du MGU-H, la Fédération estime qu’un départ catastrophique devient plus probable. L’objectif, a-t-il dit, est avant tout « la sécurité des départs ».

Le principe est de surveiller l’accélération de la voiture dans le premier demi-seconde après l’extinction des feux. Si elle passe sous un seuil prédéfini, le système active le MGU-K pour donner un minimum d’accélération et sortir la voiture de la grille sans danger. Tombazis a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un outil de performance, mais d’un filet de sécurité destiné à transformer « un départ désastreux en mauvais départ », afin que la voiture quitte la grille « pas à la même vitesse que les autres, mais au moins pas de manière dangereuse ».

Pour illustrer ce seuil d’intervention, il a cité deux exemples récents. Selon lui, le système serait « certainement intervenu » sur le départ de Liam Lawson en Australie. En revanche, il ne se serait pas activé sur celui de Max Verstappen en Chine, décrit comme un départ raté « mais pas dangereux ». Tombazis a ajouté qu’avec les départs observés cette saison, ce mécanisme ne serait intervenu que « deux ou trois fois au total ».

La question d’un éventuel avantage sportif a poussé la FIA à discuter d’une sanction si une équipe cherchait à exploiter le système volontairement. Tombazis a révélé qu’un drive-through à la fin du premier tour avait été envisagé « pour décourager complètement tout jeu douteux ». Il a toutefois précisé que la position unanime des équipes était que, dans un tel scénario, la voiture serait déjà en difficulté et ne tirerait aucun bénéfice réel du système. La FIA a donc renoncé, pour l’instant, à imposer cette pénalité automatique, tout en prévenant qu’elle interviendra si un usage détourné apparaît.

Ce dispositif est le seul élément des ajustements techniques 2026 à ne pas être intégré immédiatement au règlement. Il sera d’abord essayé lors de practice starts à Miami puis au Canada, tandis que la FIA observera aussi les vrais départs de sprint et de Grand Prix pour mesurer ce qu’il aurait fait en conditions réelles. Tombazis a précisé qu’il ne sera pas disponible au départ de la course à Miami et qu’une entrée en vigueur n’est pas attendue avant juin, le temps de vérifier avec les équipes qu’il ne crée aucun effet secondaire.