La FIA a avancé le calendrier d’évaluation de l’ADUO et ajouté un nouveau palier d’aide pour les motoristes à plus de 10% du moteur de référence, une modification qui ouvre la voie à un soutien renforcé pour Honda dès le Grand Prix du Canada.
Les changements techniques, financiers et opérationnels ont déjà été approuvés par le Conseil mondial du sport automobile de la FIA lors d’une réunion extraordinaire. La première période ADUO couvre désormais les manches 1 à 5, avec une première évaluation communiquée après le Grand Prix du Canada, le 24 mai. La deuxième interviendra après la manche 11, soit après le Grand Prix de Hongrie le 26 juillet, alors qu’elle était initialement attendue après la manche 12. La troisième reste fixée après la manche 18, à l’issue du Grand Prix du Mexique le 1er novembre.
Le point central de cette révision est la création d’une catégorie supplémentaire pour les motoristes accusant un déficit d’au moins 10% en performance du moteur thermique par rapport à la meilleure référence. Pour ce niveau d’écart, la FIA accorde 230 heures supplémentaires de banc d’essai dynamique et 11 millions de dollars de budget additionnel sur les deux prochaines années pour poursuivre le développement et réduire l’écart. Le règlement précise aussi que seuls les constructeurs au-delà de ce seuil de 10% pourront utiliser une partie de cette rallonge dès 2026, dans une limite de 8 millions de dollars.
Cette nouvelle catégorie est largement lue comme une réponse à la situation de Honda, présenté dans plusieurs sources comme le motoriste le plus en difficulté à l’ouverture de cette nouvelle ère moteur. Dans l’évaluation ADUO, la FIA ne prend en compte que la performance du moteur à combustion interne, et non l’ensemble du groupe propulseur. Mercedes est décrit comme la référence actuelle, avec un bloc à « algo más de 550 caballos de potencia ». Antonio Lobato, codirecteur de SoyMotor.com, avait indiqué que Honda accusait un déficit de 60 à 70 chevaux sur ce seul moteur thermique, soit « plus de 10% ».
Ce recentrage sur un très gros retard correspond aussi à la ligne défendue par Toto Wolff, directeur de Mercedes. Wolff a soutenu le principe de l’ADUO, tout en avertissant qu’il devait servir à aider un constructeur à revenir au niveau, pas à redistribuer artificiellement la hiérarchie. Selon les résumés disponibles, il avait déjà expliqué ces derniers mois que le dispositif devait cibler un motoriste très décroché, et non offrir à Ferrari ou Red Bull un moyen de se rapprocher de Mercedes.
Avant cette clarification officielle, l’incertitude portait surtout sur la date d’entrée en vigueur du mécanisme après les annulations des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite. Fred Vasseur, directeur de Ferrari, avait expliqué aux médias, dont RacingNews365, que « la situation est parfaitement claire, et le seul point encore ouvert est peut-être que, comme nous l’avons dit, [l’ADUO s’appliquerait] après la sixième course ». Vasseur ajoutait: « Est-ce la sixième course du calendrier initial ou la sixième course du nouveau calendrier ? » Il précisait toutefois que « les heures de banc » et « les paramètres retenus pour évaluer la performance sont aussi clairs depuis le premier jour ».
La FIA a désormais tranché en avançant la première révision à l’après-Canada, ce qui règle le point de blocage soulevé par Ferrari et accélère l’accès aux aides prévues. Pour Honda surtout, cela ne garantit pas un retour immédiat: un déficit supérieur à 10% ne se corrige pas en quelques semaines, même avec plus de temps de banc et une marge budgétaire supplémentaire.
© Jonathan Borba