Ferrari attend l’aval de la FIA pour engager dès Spielberg une troisième évolution de son groupe propulseur 067/6, associée à un nouveau carburant Shell, dans l’espoir de réduire d’environ 15 ch son retard moteur sur Mercedes au Grand Prix d’Autriche.
Cette évolution doit constituer la première étape moteur de Ferrari en 2026 dans le cadre du système ADUO. Le travail a été mené par le département moteur d’Enrico Gualtieri avec le laboratoire Shell de Hambourg, qui a développé un carburant spécifique pour cette nouvelle configuration. Ferrari estime que l’ensemble peut rapprocher sa performance de celle de Mercedes, même s’il reste difficile de distinguer précisément ce qui viendra des modifications autorisées sur le moteur et ce qui viendra du nouveau carburant homologué.
Sur le plan technique, Ferrari pousse plus loin son concept de culasse en alliage d’acier, conçu pour supporter des températures de combustion plus élevées qu’une architecture classique en aluminium. D’après les informations disponibles, l’air admis vers l’échangeur dépassait déjà 100°C sur cette unité. À partir de l’Autriche, cette limite doit passer au-delà de 115°C, là où des conceptions plus conventionnelles évoluent plutôt entre 60°C et 70°C. L’objectif est d’améliorer l’efficacité de la combustion et d’en extraire davantage de puissance.
Cette offensive moteur arrive au moment où Ferrari tente de transformer Barcelone en véritable bascule sportive. La victoire de Lewis Hamilton en Espagne, la première de l’équipe en 34 courses, a confirmé le bond en avant de la SF-26 après son deuxième package aérodynamique de la saison, introduit après celui de Miami. À Montmeló, la voiture conçue sous la direction de Loïc Serra a combiné moins de traînée, plus d’appui et une gestion des pneus qui a mis fin à l’entame parfaite de Mercedes, vainqueur des six premières manches.
Lando Norris, champion du monde en titre McLaren, a résumé l’enjeu après la course espagnole. « Nous avons de la chance que Ferrari n’ait pas un meilleur moteur en ce moment. S’ils avaient un meilleur moteur, ils domineraient », a-t-il dit. Norris a ajouté que Ferrari était « la référence du plateau en performance dans les virages » et que si la Scuderia progressait côté moteur, elle « mettrait tout le monde dans l’embarras ».
Ferrari n’arrive pourtant pas à Spielberg sans zones d’ombre. D’abord, le package ne pourra pas être utilisé tant que la FIA n’aura pas donné son feu vert. Ensuite, l’équipe cherche toujours l’origine du problème électronique qui a neutralisé le système hydraulique de Charles Leclerc en fin de Grand Prix d’Espagne. Le Monégasque a perdu la direction assistée, le brake-by-wire et une partie des systèmes aérodynamiques actifs. Les techniciens de Maranello n’excluent pas un lien avec l’incident de Monaco dans le virage Antony-Noghes.
Si cette première évolution tient ses promesses, Ferrari peut faire d’une victoire isolée à Barcelone le point de départ d’une vraie pression sur Mercedes au championnat. Elle devra toutefois le prouver immédiatement sur un week-end où Red Bull prépare aussi un important package d’évolutions à domicile.
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