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Ferrari admet avoir ruiné sa course en Autriche

Ferrari a quitté Spielberg avec une cinquième place pour Lewis Hamilton et une huitième pour Charles Leclerc, malgré des départs en deuxième et troisième positions, et Frédéric Vasseur a reconnu que le vrai problème ne venait pas d’abord de la stratégie mais d’un déficit de rythme, de surchauffe et d’une course menée en essayant de suivre Mercedes à tout prix.

Au Red Bull Ring, la Scuderia avait pourtant de quoi viser bien mieux. Revigorée par la victoire de Hamilton en Espagne et par ses évolutions, elle avait redressé un vendredi difficile pour placer Leclerc en première ligne et Hamilton juste derrière. Sur 71 tours, cette promesse s’est effondrée dans la chaleur, avec deux SF-26 incapables de tenir le rythme en course ni de gérer correctement les pneus.

Vasseur, directeur de l’équipe Ferrari, a rejeté l’idée d’un simple mauvais pari stratégique. « La stratégie n’est pas le problème. Je pense que le problème, c’est que nous n’avions pas le rythme de Mercedes ni de Verstappen. » Il a ajouté que Ferrari avait « essayé de compenser en prenant des risques sur la stratégie », tout en payant aussi « le mauvais vendredi » de l’équipe.

Cette fuite en avant a façonné toute la course. Ferrari a été la seule des quatre équipes de tête à basculer sur une stratégie à trois arrêts, mais Vasseur a insisté sur le fait que ce choix était la conséquence des faiblesses de la voiture, pas leur cause. La SF-26 a souffert en vitesse de pointe, la dégradation a été élevée et les températures sont vite devenues un problème. Hamilton, qui avait cru au début pouvoir rester au contact, a finalement perdu pied après le déclenchement de la voiture de sécurité virtuelle, sans jamais retrouver la position qu’il occupait avant le remaniement de la course.

Jamie Chadwick, consultante de Sky Sports F1, a estimé que plusieurs facteurs s’étaient additionnés. « Ils ont misé sur la stratégie, mais elle n’a tout simplement pas fonctionné. Avec la Virtual Safety Car, Hamilton est passé sur les pneus durs et on s’attendait à ce qu’il remonte davantage qu’il ne l’a fait. » Selon elle, le manque de vitesse en ligne droite a empêché Ferrari de dépasser et l’a condamnée à rouler dans le trafic, tandis que la surchauffe a amplifié la chute de performance.

Hamilton a lui-même décrit une course qui s’est dégradée au fil des relais. Le pilote Ferrari a salué le travail de l’équipe aux arrêts, mais a expliqué qu’« il est clair que nous souffrons encore dans les lignes droites » et que « la dégradation des pneus était assez élevée », ce qui a rendu sa course beaucoup plus compliquée.

Leclerc a connu la même dérive. Son réglage, proche de celui utilisé l’an dernier en Autriche, avait bien fonctionné sur un tour en qualifications, mais moins le dimanche. Il a expliqué avoir surtout souffert de l’arrière de la voiture, ce qui l’a fait trop glisser et a aggravé l’usure sur une piste où Ferrari avait déjà montré vendredi qu’elle n’était pas dans la bonne fenêtre.

Vasseur a reconnu que l’équipe s’était trompée de combat. « Avec le recul, nous nous sommes peut-être trop focalisés sur Mercedes aujourd’hui. Nous avons attaqué fort dans les premiers tours avec les deux voitures, puis peut-être réagi de manière trop agressive sur la stratégie, en essayant de rester à leur contact, alors que, réalistement, ce n’était pas notre course aujourd’hui. » Il a aussi résumé l’enchaînement plus brutalement en expliquant que Ferrari avait « probablement trop attaqué lors des deux premiers tours pour rester avec eux » et que cela avait « un peu tout détruit ».

Ce constat pèse davantage qu’un simple résultat raté, parce qu’il casse l’élan né à Barcelone et rappelle que Ferrari n’a pas encore la marge pour imposer sa course quand le rythme brut n’est pas là. Vasseur a assuré que l’équipe allait « apprendre de cela », se recentrer sur elle-même et tourner immédiatement son attention vers le Grand Prix de Grande-Bretagne.