Le Sprint de Zandvoort, remporté par George Russell au terme de 24 tours largement processionnels, ravive les doutes sur l’expansion du format F1 vers 12 manches la saison prochaine. Le seul fait de course majeur est venu au 18e tour, lorsque Charles Leclerc a dépassé Lando Norris au virage 1.
Sur un tracé où les zones de dépassement réalistes sont rares, la course courte a surtout figé le peloton. Lorsque les voitures roulent avec des pneus comparables, les écarts de performance ne suffisent généralement pas à créer une opportunité, transformant le Sprint en file indienne plutôt qu’en épreuve à rebondissements.
Cette démonstration intervient au moment où la F1 envisage d’augmenter encore le nombre de Sprints. Le prochain rendez-vous du format est programmé à Singapour, un autre circuit aux possibilités de dépassement limitées, ce qui renforce la question du choix des pistes plutôt que celle du seul volume de courses courtes.
Dans une publication après la course, le lecteur @Sham a résumé cette frustration : « Avec le Sprint, on n’obtient rien. Rien du tout. Nada. » Il a aussi estimé que les équipes « l’utilisent désormais comme une séance d’essais pour peaufiner la voiture », attribuant à l’épreuve la note de deux sur dix, « seulement pas un parce que Leclerc a choisi les pneus tendres ».
La F1 a déjà modifié son concept après les trois premiers Sprints de 2021. À l’époque, les qualifications du vendredi déterminaient la grille du Sprint, puis le résultat de cette course fixait la grille du Grand Prix. Des qualifications séparées et des règles de parc fermé distinctes ont depuis dissocié le Sprint de la course principale, afin qu’il ne bouleverse plus son déroulement. Le week-end de Zandvoort nourrit désormais l’argument selon lequel le format doit continuer d’évoluer, en particulier dans le choix des circuits capables d’offrir de vraies occasions de dépassement.
© Jonathan Borba