Franco Colapinto a transformé son roadshow de Buenos Aires en démonstration de force pour un retour du Grand Prix d’Argentine, avec plus de 500.000 personnes rassemblées le 26 avril 2026 dans les rues de la capitale pour un événement qui a dépassé le cadre d’une simple exhibition.
Sur l’Avenida del Libertador et dans le quartier de Palermo, la foule a offert à la Formule 1 une vitrine grandeur nature du potentiel argentin. Les billets se sont écoulés des semaines à l’avance et, une fois l’action lancée, la journée a pris la forme d’une célébration nationale autour du pilote Alpine, devenu le visage du retour du pays dans le débat du calendrier.
Colapinto lui-même avait posé cet enjeu avant l’événement. En conférence de presse à Buenos Aires, en présence de SoyMotor.com, le pilote Alpine de Formule 1 avait expliqué: « Pour moi, courir un GP d’Argentine est une des choses principales que je veux le plus dans cette vie. » Il avait aussi souligné l’avancée des travaux à l’Autódromo Óscar y Juan Gálvez, qu’il juge « sur une très bonne voie », tout en prévenant qu’« il reste encore beaucoup de travail ». Son horizon était déjà clair: projeter un retour de la F1 « d’ici 2027, 2028 ».
Son message reposait sur une idée simple: l’Argentine veut revenir, mais étape par étape. Colapinto a décrit des discussions « très bonnes » entre le pays et la Formule 1, tout en rappelant que le premier test passera par le MotoGP, attendu en avril 2027 sur un autodrome en pleine transformation. Pour lui, il faut d’abord vérifier comment fonctionne le nouveau tracé et poursuivre les travaux avant d’espérer accueillir à nouveau les 22 voitures de F1.
Le roadshow a donné un relief concret à ce discours. Colapinto a d’abord roulé au volant de la Lotus E20 de 2012, propulsée par un V8 Renault de 2,4 litres, puis il a pris le volant d’une réplique de la Mercedes W196 de Juan Manuel Fangio, casque rétro sur la tête et drapeau argentin à la main. L’image liait directement l’héritage du quintuple champion du monde au présent d’une nouvelle idole nationale.
La partie la plus spectaculaire est venue lors de sa seconde sortie avec l’E20. Colapinto a enchaîné les tours, les donuts et les panaches de fumée devant une foule portée par le bruit du V8. Le final a même tourné à la scène brute d’exhibition: un départ de feu est apparu au niveau de la roue arrière droite après la série de figures, rapidement maîtrisé par les mécaniciens.
L’ampleur de la mobilisation a aussi marqué l’entourage du pilote et l’équipe Alpine. Maria Caterineu, la manageuse de Colapinto, a assuré que « d’autres pilotes de F1 disent qu’ils n’arrivent pas à croire le soutien que Franco reçoit. Même Lando Norris a dit que, s’il était encouragé par autant de monde, il voudrait être l’ami de Franco. C’est vraiment merveilleux ». Pour elle, l’affluence de Buenos Aires a servi de signal très clair sur le niveau de soutien que peut générer l’Argentine.
Luca Mazzocchi, Partner Experience Manager chez BWT Alpine Formula One Team, a eu la même lecture. « C’est fou. Je n’arrive pas à y croire », a-t-il déclaré, avant de comparer cette ferveur à celle qui entourait Fernando Alonso en Espagne à l’époque Renault. Avec plus de 30 ans en Formule 1, il a insisté sur un point central: les fans de Colapinto se déplacent partout, indépendamment des résultats, preuve que le phénomène dépasse la seule nouveauté du moment.
À la fin de la journée, Colapinto a résumé lui-même la portée du message depuis le sommet d’un bus: « Aujourd’hui a vraiment été une journée merveilleuse. Vous êtes les meilleurs fans du monde, et nous montrons à la F1 que ce pays mérite d’accueillir des courses. » Après avoir rêvé tout haut d’un Grand Prix à domicile, il a offert à Buenos Aires un argument plus tangible qu’un plaidoyer: une démonstration publique que la F1 aura de plus en plus de mal à ignorer si le projet du Gálvez continue d’avancer vers 2027 ou 2028.
© Jonathan Borba