Ollie Bearman a reconnu que le retour de Lewis Hamilton au sommet chez Ferrari a compliqué sa route vers Maranello, tout en prévenant qu’il n’attendra pas indéfiniment si une autre équipe peut lui offrir une vraie chance de gagner et de jouer le titre mondial.
Dans le dernier épisode du podcast officiel de la F1 Beyond The Grid, le pilote Haas de 21 ans, membre de la Ferrari Driver Academy, a expliqué que la victoire d’Hamilton à Barcelone avait provoqué chez lui des sentiments partagés. « C’est vraiment cool de le voir performer à ce niveau-là », a-t-il dit, avant d’admettre que, « bien sûr, pour mon avenir, ce n’est pas idéal ». Bearman a toutefois ajouté qu’il gardait du recul sur sa situation: « J’ai seulement 21 ans. Je ne suis pas particulièrement pressé, et rester chez Haas dans un avenir prévisible n’est pas une mauvaise chose. »
Ce changement de perspective reflète aussi l’évolution de la hiérarchie chez Ferrari. Après une saison 2025 décevante d’Hamilton, certains imaginaient Bearman comme une option plus crédible à moyen terme, potentiellement dès 2027. Cette hypothèse s’est éloignée en 2026: Hamilton a signé sa première victoire avec Ferrari et aborde la pause estivale au deuxième rang du championnat, à 50 points du leader Antonelli, aux côtés de Charles Leclerc dans un duo redevenu très solide.
Bearman n’a pourtant pas renoncé à Ferrari. Il a rappelé que la Scuderia le soutient « depuis le tout début, depuis mon arrivée en F3 », ajoutant: « Je ne suis assis ici que grâce à eux. » Il a aussi qualifié Ferrari d’« équipe de rêve » et de « marque la plus emblématique, probablement, au monde ». Son cap, dit-il, n’a pas changé: « Mon objectif reste d’être un pilote Ferrari un jour. »
Mais cette fidélité a désormais une limite claire. Bearman a expliqué qu’il ne voulait pas « attendre trois, quatre, cinq ans qu’un baquet se libère », car « il n’y a aucune garantie » et cela pourrait « gâcher [ses] meilleures années ». Son ambition prioritaire, a-t-il insisté, est ailleurs: « Mon objectif ultime est peut-être un peu égoïste, mais c’est normal, parce que c’est la raison pour laquelle je suis ici. Je veux me battre pour des titres mondiaux, donc si j’ai cette opportunité n’importe où, je la saisirai. »
À court terme, il se voit encore progresser chez Haas malgré une période plus difficile. Bearman a rappelé sa cinquième place en Chine après une qualification en Q3, avant un recul de l’équipe dans la hiérarchie. Selon lui, Haas ne semble plus en mesure pour l’instant de viser régulièrement le top 10 en qualifications et des points en course, mais il considère cette phase comme un « vrai défi » qui « forge le caractère ». Il a dit vouloir aider l’équipe à retrouver plus de performance et à recommencer à marquer de gros points.
Cette position résume l’équilibre que Bearman tente de tenir: rester lié à Ferrari et continuer à apprendre chez Haas, sans laisser le rebond d’Hamilton bloquer trop longtemps sa trajectoire vers une voiture capable de lui offrir victoires et championnats.
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