© Jake Archibald from London, England

Verstappen redoute une course d’usure à Barcelone

À Barcelone, le Grand Prix d’Espagne 2026 s’annonce d’abord comme une course de survie des pneus, avec un niveau de dégradation thermique que Pirelli et les pilotes décrivent comme le plus élevé vu jusque-là cette saison, au point de rendre presque inévitable une stratégie à au moins deux arrêts, voire trois.

La chaleur a placé tout le week-end sous tension. La piste est montée jusqu’à 50 à 52°C et le Circuit de Barcelona-Catalunya, déjà connu pour son asphalte très abrasif, a encore accentué le phénomène. Simone Berra, ingénieur en chef de Pirelli, a expliqué que la dégradation atteignait « jusqu’à deux ou trois dixièmes » au tour, en l’attribuant « principalement aux caractéristiques de la piste, à la rugosité de l’asphalte, à l’énergie du tracé, et aussi aux températures élevées de la piste ». Il a ajouté que Barcelone présente le deuxième niveau de macro-rugosité de la saison après Bahreïn.

Max Verstappen, pilote Red Bull, ne s’attend donc pas à une course décidée par la seule performance pure. Après avoir testé le pneu le plus dur disponible ce week-end, il a résumé la situation sans détour : « Pour être honnête, tous les pneus étaient mauvais. Donc je pense que tout le monde va souffrir. » Verstappen a ajouté : « Il s’agit simplement de savoir qui souffrira le plus ou le moins. On verra bien. »

Le problème a pris une telle ampleur que Pirelli a modifié ses prescriptions après l’analyse du roulage de vendredi. Les pressions minimales de départ ont été abaissées de 1 psi pour samedi, passant de 26,0 à 25,0 psi à l’avant et de 25,0 à 24,0 psi à l’arrière, parce que les pneus dépassaient les pressions stabilisées attendues en piste. Oliver Bearman a décrit un comportement devenu très difficile à maîtriser : « C’est terrible. Nous avons tellement d’air dans ces pneus actuellement, c’est un cauchemar absolu. » Le pilote Haas a aussi parlé de pneus « qui ressemblent à de gros ballons de baudruche ».

La dégradation n’a pas seulement pesé sur les longs relais. Avant les qualifications, Berra a indiqué qu’à Barcelone les C3 et C4 se comportaient pratiquement comme des pneus pour un seul tour lancé. Selon lui, « c’est très, très compliqué de récupérer la performance » car même avec un double tour de refroidissement, « la température de la carcasse reste très élevée ». Dans ces conditions, l’exécution du premier tour rapide compte plus que d’habitude.

Pour dimanche, Pirelli s’attend à « au moins » deux arrêts. Le scénario théorique privilégié passe par medium-hard-hard, avec un premier arrêt entre les tours 15 et 21, puis un second entre les tours 38 et 44. Mais cette lecture générale se complique pour Verstappen. Le Néerlandais a été le seul pilote à utiliser le C2 vendredi et il aborde donc la course avec un train de pneus durs de moins que ses principaux rivaux, ce qui prive Red Bull de l’option la plus simple sur le papier.

Tout ramène ainsi la course à la même équation : limiter la surchauffe, contenir l’usure et choisir le bon moment pour s’arrêter. À Barcelone, celui qui gagnera dimanche ne sera pas forcément le plus rapide sur un tour, mais celui qui réussira le mieux à empêcher ses pneus de s’effondrer sur 66 tours.