Mark Rushbrook affirme que le premier moteur Red Bull-Ford de l’ère 2026 a démarré de façon assez solide pour être déjà « dans le coup », tout en estimant, comme Max Verstappen, que Mercedes reste la référence sur le plan moteur.
Dans un entretien accordé à Motorsport-Total.com, le directeur de Ford Performance a rappelé l’ampleur du défi relevé par Red Bull Powertrains avec le DM01. « Nous savions à quel point ce serait un défi incroyable d’être simplement sur la grille avec ce nouveau groupe propulseur. Mais être dans le coup comme nous le sommes, ça fait clairement du bien », a-t-il déclaré. Rushbrook a aussi souligné que le projet avait demandé trois ans et demi avant d’arriver en piste, et que voir le moteur au départ de la saison à Melbourne avait été un moment fort pour Ford.
Ce début compétitif tranche avec le discours entendu il y a encore quelques mois. À Zandvoort l’an dernier, Toto Wolff avait jugé que Red Bull devait « gravir l’Everest » avec son projet moteur. Puis, après les essais hivernaux de Bahreïn, Wolff et George Russell ont décrit l’unité de puissance Red Bull-Ford comme la « référence absolue ». Selon les éléments rapportés, ces prises de position s’inscrivaient aussi dans le contexte politique des débats autour du règlement moteur 2026. Verstappen avait d’ailleurs répondu : « Attendez de voir à quel point Mercedes sera rapide dans les lignes droites à Melbourne. »
Rushbrook ne reprend pas à son compte l’idée d’un Red Bull-Ford déjà au sommet. « Il y a l’aspect sportif, l’aspect technique, et bien sûr aussi la politique », a-t-il expliqué. Sa lecture de la hiérarchie reste plus prudente, parce que les nouveaux groupes propulseurs réagissent fortement aux conditions d’utilisation.
Il estime que cette sensibilité brouille encore la comparaison directe entre motoristes. « Les conditions ont clairement un impact, parce que ces groupes propulseurs sont sensibles aux températures et aux conditions environnementales », a-t-il dit. « Nous constatons des différences selon ces conditions, et cela fait partie de ce que nous devons encore régler. »
C’est aussi pour cette raison qu’il appelle la FIA à la prudence quand elle évalue la performance du moteur thermique via son processus ADUO après le Grand Prix du Canada. Rushbrook a insisté sur le fait que les décideurs doivent juger « le contexte, et pas seulement regarder les données aveuglément ». Par contexte, il vise « les températures, l’humidité, l’environnement dans lequel on court, parce que chaque groupe propulseur a une sensibilité différente à ces conditions ».
Cette position n’enlève rien au progrès réalisé par Red Bull et Ford pour arriver immédiatement à un niveau compétitif. Red Bull a construit son usine moteurs de Milton Keynes en 55 semaines, tandis que Ford a fini par élargir son rôle au-delà de la seule électrification, en s’impliquant aussi davantage sur le moteur thermique. Rushbrook a expliqué que la coopération avait initialement porté sur « la cellule de batterie, le moteur électrique, l’inverseur, le logiciel et les systèmes de calibration », avant d’évoluer au fil du programme. Il a aussi mis en avant les gains apportés par la fabrication additive et les procédés de production modernes, notamment la capacité à imprimer et produire rapidement des pièces avec le niveau de précision nécessaire.
Malgré ce départ plus fort qu’attendu, Rushbrook assure que Red Bull et Ford savent encore où progresser. À partir de leurs propres données, y compris l’effet des conditions de piste, les deux partenaires ont « une vision claire » de ce qu’il faut améliorer, sans vouloir en dire davantage publiquement. Et au moment de situer la vraie référence du début de cycle 2026, il rejoint toujours Verstappen sur un point essentiel : le moteur Mercedes reste l’étalon. « Oui, il est vraiment très bon », a-t-il lâché avec un sourire.
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