Laurent Mekies a présenté le premier podium 2026 de Red Bull, la troisième place de Max Verstappen au Grand Prix du Canada, comme la validation d’une méthode que l’équipe n’a pas l’intention d’abandonner: continuer à prendre des risques sur les réglages, même lorsque cela va d’abord à l’encontre du ressenti du pilote, pour confirmer les progrès vus à Miami et accélérer l’apprentissage de sa F1.
Le résultat de Montréal a donné du poids à ce discours. Le directeur de l’équipe Red Bull a expliqué qu’au "strict minimum", l’écurie avait confirmé les gains apportés à Miami, et qu’elle avait même probablement fait un pas de plus en réduisant encore l’écart avec les leaders. Il a appuyé son analyse sur des chiffres précis: un déficit de trois dixièmes en qualifications, un rythme de course plus proche que le retard d’une demi-seconde observé à Miami, et un écart à l’arrivée inférieur aux 40 secondes concédées à la victoire en Floride.
Cette lecture tranche avec le samedi montréalais de Verstappen. Sixième en qualifications, le Néerlandais avait critiqué la direction de set-up retenue par l’équipe malgré ses réserves, en expliquant qu’il l’avait "signalé tellement de fois déjà" et que, parfois, "il faut simplement les laisser constater par eux-mêmes que cela ne marche pas".
Interrogé ensuite par Motorsport.com sur ces remarques, Laurent Mekies, patron de l’équipe Red Bull, n’a laissé aucune place au doute sur la ligne suivie. "Dès que nous ne sentons pas que nous avons le bon équilibre ou le bon écart par rapport à la concurrence, nous prenons des risques", a-t-il dit. Pour lui, ces choix servent à explorer d’autres directions de réglages, quitte à payer le prix à court terme. "Si vous prenez des risques, vous en subirez les conséquences douloureuses", a-t-il ajouté, en soulignant que ce travail permet d’apprendre autant pour les conditions de qualifications que pour celles de la course.
Mekies a insisté sur le fait que Montréal ne marquait aucun changement de philosophie. À la question de savoir si Red Bull avait cette fois davantage ignoré la préférence de Verstappen qu’à l’habitude, il a répondu: "Absolument pas." Selon lui, les pilotes sont "complètement intégrés dans les choix que nous faisons", même si cette collaboration passe parfois par une forme de "je te l’avais dit" entre le muret et le cockpit. L’essentiel, à ses yeux, est que cette tension fasse partie du processus de progression.
Le dirigeant français a aussi replacé cette approche dans le contexte du début de cycle technique. Red Bull estime être encore dans une phase où il faut tester, se tromper et comprendre jusqu’où se situe réellement le potentiel de la voiture 2026. Mekies a résumé cette logique en expliquant que l’équipe continuera à essayer des choses avec ses pilotes pour débloquer de la performance, "même si cela nous coûte un peu".
Il a toutefois freiné toute euphorie après Montréal, en rappelant que le tracé Gilles-Villeneuve a pu masquer certaines faiblesses de la voiture. "Il n’y a probablement pas de raisons de trop s’enflammer", a-t-il prévenu. Mais dans le même temps, le premier podium de Red Bull en 2026, et le premier pour Red Bull Powertrains Ford, lui sert d’indicateur clair: malgré une nouvelle vague d’évolutions amenée par la concurrence ce week-end-là, l’équipe estime avoir confirmé sa trajectoire et aller "dans la bonne direction" sur le développement.
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