Lando Norris et Charles Leclerc ont été convoqués par les commissaires du Grand Prix de Monaco vendredi matin après avoir été cités pour retard à la conférence de presse officielle de la FIA jeudi, au titre de l’article B10.1.1a du règlement sportif.
Avant même le moindre roulage dans les rues de Monaco, c’est donc une entorse de procédure qui ouvre le week-end. Les documents de la FIA indiquent que Leclerc devra se présenter à 10h00, heure locale, puis Norris à 10h10, avec des représentants de Ferrari et de McLaren également attendus pour cette audience.
L’incident s’est produit pendant la journée média de jeudi, lors de la première des deux sessions de conférence de presse organisées avant le Grand Prix. La séance a commencé avec quelques minutes de retard, et le document publié dans l’après-midi a formalisé une « infraction présumée à l’article B10.1.1.a du règlement F1 de la FIA », liée à la « présence tardive à la conférence de presse du jeudi ».
Ce type de dossier est suffisamment rare pour attirer l’attention, surtout à Monaco où chaque détail du week-end prend vite de l’ampleur. Dans les faits, les retards aux obligations médias du jeudi ont jusqu’ici été traités avec souplesse par les commissaires, soit sans sanction, soit avec un simple avertissement ou une réprimande. La convocation de deux pilotes de premier plan dès le vendredi matin donne donc à cette affaire une visibilité inhabituelle, même si la nature de l’infraction reste administrative plutôt que sportive.
Le précédent le plus parlant remonte au Grand Prix de Grande-Bretagne 2023, lorsque Lewis Hamilton était arrivé quelques minutes après le début de la conférence de presse du jeudi à Silverstone. Les commissaires avaient alors reconnu que le pilote était bien en retard, tout en tenant compte du fait que son programme était « extrêmement chargé » sur son épreuve à domicile et qu’« il est difficile pour Hamilton de se déplacer dans le paddock ».
Dans leur décision, les commissaires avaient aussi rappelé pourquoi ce type de manquement n’est pas totalement anodin. Ils écrivaient que « le retard est perturbant pour la conférence de presse, et qu’il y a un intérêt important des médias à parler aux pilotes dont l’accès est limité ». Mais ils avaient aussi distingué ces activités média des phases du week-end pouvant influer directement sur le déroulement sportif, en estimant que « la pénalité la plus appropriée concernait l’équipe plutôt que le pilote », avec au final « une réprimande à l’équipe » Mercedes.
C’est ce cadre qui rend l’affaire monégasque intéressante. La FIA a choisi de déclencher une procédure formelle contre Norris et Leclerc pour un retard à une obligation officielle, alors même que l’historique récent montre une volonté de ne pas transformer ce genre d’écart en sanction lourde contre les pilotes. Le poids de la réglementation est bien là, mais son application a jusqu’ici surtout servi à rappeler l’importance du protocole média.
En l’absence de la moindre action en piste à ce stade, ces auditions de vendredi matin sont devenues le premier vrai point de tension officiel du Grand Prix de Monaco. La décision des commissaires dira surtout jusqu’où la FIA veut faire respecter ses obligations de présence avant que le week-end ne bascule enfin sur le terrain sportif.
© Jonathan Borba