La Guardia di Finanza de Bologne a lancé une enquête sur les équipes et pilotes de Formule 1 pour vérifier si les impôts dus en Italie sur les revenus générés lors des courses disputées à Monza, Imola et Mugello ont bien été payés, avec la possibilité de remonter sur plusieurs années.
Selon Il Resto del Carlino, le dossier est né d’un travail de collecte d’informations et d’un signalement déposé en juin dernier par l’avocat bolognais Alessandro Mei. Les contrôles visent d’abord les équipes étrangères dites « non résidentes », soupçonnées de ne pas avoir appliqué la retenue à la source sur la rémunération de leurs pilotes lors des épreuves organisées sur le sol italien.
Le point central de l’enquête est là. En droit italien, les pilotes sont considérés comme des travailleurs indépendants, mais les équipes qui les emploient doivent agir comme substituts d’impôt et retenir la part due à la source. Si cette obligation n’a pas été respectée, Il Resto del Carlino affirme que le manque à gagner potentiel pour l’Erario pourrait atteindre des centaines de millions d’euros, même si la procédure n’en est encore qu’à un stade préliminaire.
L’affaire ne s’arrête pas aux structures. Selon des sources citées par RacingNews365, la Guardia di Finanza a aussi ouvert une investigation visant l’ensemble des pilotes de F1 actuels et récents. Ces sources affirment que les autorités fiscales leur ont écrit pour demander le dépôt d’une déclaration de revenus pour l’année fiscale 2025 et les inviter à prendre contact, directement ou par l’intermédiaire d’un représentant, afin de définir les prochaines étapes.
Toujours selon RacingNews365, l’administration italienne veut récupérer, lorsque le cadre légal le permet, des impôts impayés remontant à plusieurs années. Elle chercherait aussi à examiner ces revenus en profondeur, en demandant l’accès aux contrats des pilotes et aux contrats de sponsoring pour reconstituer précisément les gains imposables réalisés en Italie.
Le risque dépasse donc largement un simple redressement administratif. D’après les mêmes sources, pour un pilote, un montant d’impayés supérieur à 50 000 euros peut relever de l’infraction pénale, avec à la clé des amendes importantes en plus du recouvrement des sommes dues.
Cette offensive s’inscrit dans un cadre plus large. Il Resto del Carlino indique que les vérifications de la Guardia di Finanza s’ajoutent à des audits menés par les Cours des comptes en Lombardie, en Émilie-Romagne et en Toscane, soit les territoires liés aux courses de Monza, Imola et Mugello. Le sujet avait déjà fait l’objet d’une question parlementaire en 2020, mais cette fois la F1 se retrouve confrontée à une enquête coordonnée qui pourrait toucher à la fois les équipes non résidentes et les pilotes sur des revenus perçus en Italie au fil de plusieurs saisons.
© Jonathan Borba