La Formule 1 a officialisé la prolongation de son accord avec Sky Sports, qui restera le diffuseur exclusif de tous les week-ends de Grand Prix au Royaume-Uni et en Irlande jusqu’à la fin de la saison 2034, tandis que Sky Italia conservera les droits jusqu’en 2032.
La décision verrouille l’un des marchés les plus importants du championnat au moment où certains imaginaient une évolution plus rapide vers un modèle de diffusion centré sur le streaming. Selon plusieurs informations citées autour de l’annonce, l’extension britannique sur cinq ans représenterait environ 1 milliard de livres, soit 200 millions de livres par an, un net bond par rapport au précédent contrat, estimé à 129 millions de livres par an entre 2023 et 2029.
Concrètement, toutes les courses, qualifications et séances d’essais libres resteront diffusées en direct sur Sky Sports F1, avec une disponibilité en streaming sur NOW. Les courses disputées à domicile ainsi que les résumés de chaque Grand Prix continueront aussi d’être proposés en clair.
L’accord confirme surtout le choix de la F1 de prolonger un partenaire installé plutôt que de bouleverser immédiatement sa distribution en Europe. Formula 1 President and CEO Stefano Domenicali a salué, dans le communiqué accompagnant l’annonce, un partenaire « dévoué, fiable et passionné » et a expliqué que l’approche de Sky en matière de diffusion en direct, de création de contenus et d’analyses en coulisses « a fait la différence pour continuer à faire grandir notre sport au Royaume-Uni, en Irlande et en Italie ». Il a ajouté être « ravi que notre partenariat se prolonge dans la prochaine décennie ».
Ce choix s’appuie aussi sur la dynamique d’audience mise en avant par Sky. Le groupe affirme que l’audience totale de la F1 a progressé de 90 % au Royaume-Uni et en Irlande, que les moins de 35 ans ont augmenté de 120 % et que l’audience féminine a plus que doublé. Sur les trois dernières saisons, entre 2023 et 2025, la hausse aurait atteint 14 %, jusqu’à une saison 2025 record avec 162 millions d’heures regardées, portée notamment par le titre mondial de Lando Norris avec McLaren, présenté par Sky comme la saison de F1 la plus regardée de son histoire.
Dana Strong, directrice générale du groupe Sky, a relié cette croissance à l’investissement éditorial du diffuseur. Elle s’est dite « fière » du rôle joué par Sky dans l’essor de la discipline grâce à « un storytelling de classe mondiale, l’innovation et un investissement de long terme ». Strong a ajouté que ce nouvel accord « assure à Sky son statut de maison de la Formule 1 pour les années à venir », alors que la discipline entre selon elle dans « une période excitante avec plus de talents britanniques sur la grille et des étoiles montantes comme Kimi Antonelli ».
L’Italie fait partie du même mouvement. Sky y reste le diffuseur de la F1 jusqu’en 2032, dans un contexte de fort intérêt autour du championnat et de l’émergence d’Antonelli, 19 ans, vainqueur de trois courses consécutives et leader du championnat du monde 2026 d’après les éléments accompagnant l’annonce.
Au-delà de la seule durée des contrats, la F1 envoie surtout un signal clair sur sa stratégie média: malgré les spéculations sur un possible basculement plus rapide vers de nouvelles plateformes, elle continue de miser sur la puissance financière, la visibilité et la stabilité d’un grand diffuseur payant pour porter sa croissance dans deux marchés clés.
© Jonathan Borba