Stefano Domenicali a prévenu que la France ne retrouvera pas sa place en Formule 1 tant qu’un Grand Prix n’y sera pas traité comme une vraie priorité, au moment même où le championnat gère déjà un calendrier sous tension et des plans de secours pour ses courses menacées en fin de saison.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, le PDG de la F1 a rappelé que le Grand Prix de France n’est plus au calendrier depuis l’édition 2022 au Circuit du Castellet. Son constat est direct: « Respectueusement, je pense que la France considère actuellement qu'un Grand Prix n'est pas sa priorité. » Le message est clair: l’absence française ne tient pas à un manque de place symbolique dans le paddock, mais à un déficit d’engagement concret pour monter un dossier capable de rivaliser avec les autres candidats.
Domenicali a opposé cette situation à celle de Montréal, où, selon lui, ministres, maires et responsables politiques « se bousculent pour sécuriser l’avenir de leur course ». Pour la F1, organiser une épreuve moderne suppose un soutien solide à tous les niveaux, y compris politique. C’est sur ce terrain que la France, dans son analyse, est aujourd’hui en retrait.
Il a appuyé cette critique par une pique plus politique encore: « Lors d'un de nos entretiens, nous avions je crois eu la une de L'Équipe en parlant du président Macron. Mais depuis, je n'ai pas reçu beaucoup d'appels commençant par +33. » Autrement dit, la visibilité du sujet n’a pas été suivie d’une mobilisation suffisante pour rouvrir sérieusement la porte d’un retour.
Cette fermeté s’explique aussi par la pression qui pèse déjà sur le calendrier. Interrogé sur les incertitudes touchant certaines manches du championnat dans le contexte géopolitique actuel, Domenicali a expliqué que la F1 avançait « à l'image de la gestion de la crise du Covid-19 », avec une approche pragmatique. Il a confirmé l’existence d’une solution de repli: « Je peux vous confirmer que nous avons un plan de secours. Si des courses de fin d'année ne peuvent pas avoir lieu, nous aurons d'autres solutions de remplacement. »
Le contexte est celui d’un championnat qui a déjà dû composer avec des perturbations au Moyen-Orient, alors que des options de remplacement ou de réintégration de certaines manches sont étudiées pour préserver la saison. Dans ce cadre, la priorité de la F1 est de sécuriser son calendrier mondial, pas de garder une place en attente pour un pays qui ne pousserait pas activement son projet.
C’est ce qui rend le message à la France particulièrement net. Selon L’Équipe, la Formule 1 est « croulant sous les demandes de nouveaux pays ». Si la France veut revenir, l’initiative devra venir de ses promoteurs et de ses responsables publics. Dans un championnat qui gère en parallèle ses crises, ses contraintes logistiques et la concurrence de nouveaux marchés, elle ne sera pas attendue.
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