Cinq personnes, dont deux mineurs, ont été arrêtées puis mises en examen en France dans l’enquête sur le violent home-jacking commis le 19 mai au domicile d’Alain Prost à Nyon, en Suisse, une avancée judiciaire majeure dans une affaire menée de part et d’autre de la frontière.
Le parquet de Pontoise a précisé que les suspects, interpellés le 1er juillet, sont âgés de 16 à 22 ans. Ils sont poursuivis pour vol en bande organisée avec arme, arrestation, enlèvement et séquestration en bande organisée pour faciliter un crime, ainsi que pour association de malfaiteurs. Selon les éléments communiqués par le parquet, ces chefs d’accusation peuvent entraîner jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.
L’agression s’était déroulée au domicile du quadruple champion du monde de Formule 1, sur les bords du lac Léman. Alain Prost, âgé de 71 ans, avait été légèrement blessé à la tête lors d’une altercation avec les assaillants. Les malfaiteurs auraient ensuite menacé sa famille avant de contraindre son fils à ouvrir le coffre-fort de la maison.
Le groupe aurait emporté le contenu du coffre, notamment plusieurs montres de luxe, avant de prendre la fuite en direction de la France. Le dossier a donc rapidement pris une dimension transfrontalière, avec un fait commis en Suisse et des investigations concentrées côté français pour remonter jusqu’aux auteurs présumés.
L’enquête a été menée par la Section de recherches de Versailles et l’Unité nationale de la police judiciaire de la gendarmerie. Les investigations ont permis d’identifier des suspects liés au Val-d’Oise, point central dans la progression du dossier et dans les arrestations réalisées en France plusieurs semaines après les faits.
Sur le plan judiciaire, les trois suspects majeurs ont été placés en détention provisoire. Les deux mineurs ont, eux, été placés sous contrôle judiciaire. Cette différence de traitement ne change pas la gravité des poursuites retenues dans une affaire où la violence de l’intrusion, la séquestration alléguée et la préparation en bande organisée placent désormais le dossier sur un terrain pénal particulièrement lourd.
© Jonathan Borba