Kimi Antonelli a lâché l’info avant tout le monde. Le leader du championnat a affirmé à Sky Sport Italy que « l’ADUO a été accordé à Ferrari », ce qui ouvre la porte à des évolutions moteur en cours de saison. Le timing refroidit toutefois l’élan. Les nouvelles pièces ne devraient pas arriver avant juillet, bien après Miami où la FIA doit boucler sa première revue du dispositif.
Le contexte est clair depuis le début d’année. Ferrari a fait un bond global, passant de la quatrième à la deuxième force, mais Mercedes a déjà 45 points d’avance. Les traces GPS racontent la même histoire sur chaque circuit. La SF-26 tient le rythme dans les virages et perd en lignes droites et à haute vitesse. Le choix d’un petit turbo Honeywell favorise les départs et les phases d’accélération, ce qui explique des qualifications propres et des envols solides. En course, cela finit souvent en podiums, rarement en victoires, car la vitesse de pointe manque sur la fin de ligne droite.
L’ADUO de la FIA vise justement ce type d’écart. Si un motoriste accuse plus de 2% de déficit de performance, l’instance ouvre des fenêtres d’homologation ciblées sur l’ICE, l’hybride et la gestion d’énergie. Selon les éléments du paddock, le premier bilan, avancé autour du Grand Prix de Miami, pourrait glisser vers Monaco, mais l’essentiel est acquis si l’on se fie à Antonelli. L’objectif de Maranello est de développer son V6 2026 et de s’attaquer à un retard estimé à 25 à 30 chevaux en vitesse de pointe. Au Grand Prix de Chine, Frédéric Vasseur parlait d’une « opportunité » pour combler l’écart, sans détailler le contenu technique ni le calendrier précis.
Reste la réalité industrielle. L’analyse officielle arrive après Miami, mais les délais de production repoussent l’introduction vers juillet. Le plan interne est d’installer la nouvelle spécification sur le troisième groupe propulseur. Le premier sera changé entre le Canada et Barcelone sans mise à jour, le deuxième restera identique. Avec quatre unités autorisées par pilote sur la saison, Ferrari n’aurait donc que deux moteurs évolués en parc, et s’expose à des pénalités si elle sort de ce schéma.
En parallèle, l’équipe prépare une grosse mise à jour aéro à Miami, avec un axe clair sur le super clipping en fin de ligne droite. Charles Leclerc répète que le gain doit venir partout, du châssis à l’aéro en passant par la gestion des pneus. Vasseur a résumé l’état d’esprit dans les médias au fil des courses: il faut « pousser comme des fous » sur chaque domaine pour réduire l’écart avec Mercedes. L’ADUO donne un cadre pour la partie moteur. Le reste du rattrapage se jouera à la soufflerie, en corrélation piste, et dans la façon d’exploiter la SF-26 pendant que juillet se rapproche.