Le volant lui est resté dans les mains. Au tour 52 du GP de Malaisie 2011, sur le Sepang International Circuit, Vitaly Petrov a décollé sur un ressaut du drainage en sortie du virage 8. L’atterrissage a brisé la colonne de direction de sa Renault et a arraché le volant, mettant fin à sa course alors qu’il occupait la huitième place. Quinze ans plus tard, l’image reste aussi rare qu’impressionnante dans une course remportée par Sebastian Vettel devant Jenson Button, avec Nick Heidfeld sur le podium pour Renault.
L’incident part d’une glissade sur les « marbles » au virage 8. Petrov tire large, met deux roues hors piste, puis tente de revenir sur l’asphalte. Dans l’herbe, la Renault frappe un ressaut lié au système de drainage. La voiture est projetée en l’air, retombe violemment, et la contrainte casse la colonne de direction. Le choc déloge le volant, que Petrov tient soudain sans liaison avec les roues avant. Impossible de continuer. Le Russe s’arrête et sort indemne.
Après coup, Petrov a résumé son étonnement face au saut provoqué par cette bosse. "I knew it was a big kerb, but I was not expecting such a big jump." (Vitaly Petrov, pilote Renault, dans ses déclarations d’après-course rapportées par RacingNews365 le 10 avril 2011). Aucun autre contact n’a été nécessaire pour l’envoyer hors course. Ce sont le ressaut et l’atterrissage qui ont suffi à briser l’organe le plus sensible du pilotage.
Pendant ce temps, la course en tête suit un autre rythme. Sebastian Vettel convertit la pole en victoire pour Red Bull, avec 3,261 secondes d’avance sur Jenson Button. Nick Heidfeld complète le podium pour Renault, une troisième place qui marque le 100e podium de l’écurie en Formule 1 selon les classements officiels. Les trois premiers misent sur une stratégie à trois arrêts, dans une gestion pneus qui pèse sur la fin. Button réalise son dernier arrêt au 38e tour, puis rallie l’arrivée en pneus durs. Heidfeld, solide en défense, garde derrière lui la Red Bull de Mark Webber, engagée dans une tentative à quatre arrêts selon les données de course.
Dans un week-end où Renault monte sur la boîte grâce à Heidfeld, l’abandon de Petrov tranche par sa nature. Ce n’est ni une erreur de freinage ni un accrochage. C’est un saut imprévu sur un ressaut de drainage qui met à nu la fragilité d’un élément vital, la colonne de direction, et qui arrache un volant en pleine ligne droite de ré-accélération. Petrov s’en sort sans blessure. L’image, elle, reste gravée.