McLaren abordera le Grand Prix de Hongrie comme un test majeur de sa relance technique, avec d’un côté un premier roulage en essais de son aileron arrière rotatif « Macarena » longtemps retardé, et de l’autre un important package d’évolutions centré sur un nouveau plancher pour la MCL40.
L’aileron « Macarena » devait initialement faire ses débuts au Spielberg, avant que des problèmes identifiés dans le garage ne poussent l’équipe à repousser son introduction. À Budapest, McLaren prévoit cette fois de le faire rouler pendant les séances d’essais, puis de le retirer ensuite, sans l’utiliser en configuration de course.
L’équipe a d’ailleurs confirmé que cet aileron arrière n’est pas prévu pour une utilisation complète ni en Hongrie ni lors de l’épreuve suivante aux Pays-Bas. Si l’essai est concluant, il pourrait apparaître plus tard sur des tracés particulièrement sensibles à l’efficacité aérodynamique et à la traînée, comme Monza ou Bakou.
Le vrai enjeu immédiat pour McLaren se situe toutefois dans le reste du package amené au Hungaroring. Après une première révision importante introduite entre Miami et Montréal, puis plusieurs petites modifications, l’équipe apporte une évolution plus lourde, construite autour d’un plancher redessiné et d’autres pièces aérodynamiques destinées à rester sur la voiture pendant tout le week-end et au-delà.
Randy Singh, directeur senior de la compétition chez McLaren, a expliqué que « nous avons un package d’évolutions ce week-end, et dans une saison aussi disputée, chaque développement est important ». Il a ajouté qu’il serait « très utile de mieux comprendre en essais libres comment ces pièces fonctionnent », avec pour objectif de « maximiser tout ce qui est disponible, emporter cette dynamique positive jusqu’à la pause estivale et nous placer dans la meilleure position possible pour la seconde moitié de saison ».
Cette étape compte particulièrement pour McLaren, qui a reconnu avoir accusé un retard de « deux à trois mois » sur ses rivaux en matière de développement aérodynamique. Pendant ce temps, Mercedes a imposé le rythme, Ferrari a enchaîné les évolutions au point de mettre Charles Leclerc et Lewis Hamilton en position de gagner un Grand Prix, et Red Bull a aussi nettement amélioré la RB22.
Andrea Stella, directeur de l’équipe McLaren, a indiqué que le travail de développement mené à l’usine depuis plusieurs mois devait enfin commencer à produire des effets plus visibles. « Il est difficile d’atteindre le niveau de performance auquel Ferrari et Mercedes évoluent en ce moment, mais j’espère qu’à partir de la Hongrie nous verrons une légère accélération de notre compétitivité », a-t-il dit.
Stella a ajouté que McLaren suivait désormais « une direction claire en matière de développement », même si, « dans certaines zones de la voiture, il a fallu quelques mois pour que cela puisse être concrétisé ». L’attente pour Budapest est donc double: valider en piste une solution expérimentale pour l’avenir, et surtout vérifier si ce nouveau plan de développement permet enfin à McLaren de réduire un écart devenu central dans la lutte de la seconde moitié de saison.
© Jonathan Borba