«F1 doesn’t need Max.» Eddie Irvine a posé le ton. La pique résume la réaction venue d’anciens pilotes après les menaces de retraite de Max Verstappen. À Suzuka, où le quadruple champion du monde Red Bull a terminé septième, le Néerlandais a de nouveau dit son malaise. Dans une interview d’après‑course à BBC Sport au Grand Prix du Japon, il a lâché: «I think about everything that happens in this paddock», puis sur le calendrier: «Privately I’m very happy. You also wait for 24 races. This time it’s 22. But normally 24. And then you just think about is it worth it?»
Irvine, ancien vainqueur de Grands Prix et vice‑champion 1999, a répliqué sans détour. «F1 doesn’t need Max, there are plenty of talented drivers», a‑t‑il déclaré, en ajoutant, à propos du salaire de Verstappen, «there are over €50 million […] in good reasons to stay» dans une interview à la Gazzetta dello Sport. Pour lui, la F1 ne se résume pas à un seul nom, même quand ce nom domine l’ère récente.
Martin Brundle a tenu une ligne voisine, tout en saluant le niveau du pilote Red Bull. «Either go or stop talking about it», a dit l’ex‑pilote et consultant Sky Sports, qui a jugé les avertissements de Verstappen répétitifs. «Nobody’s indispensable in this business», a‑t‑il ajouté sur le Sky Sports F1 Show. Brundle a aussi estimé qu’une «exit clause» a très probablement été prévue dans son contrat, selon lui logique avec le nouveau projet moteur Red Bull‑Ford.
Ralf Schumacher a renchéri sur la primauté du sport. «Formula 1 is bigger than any of us… if Max Verstappen retired, it would be the same thing», a rappelé l’ex‑pilote F1 dans le podcast Backstage Boxengasse de Sky Deutschland. Il ne croit toutefois pas à un retrait à court terme. «I can’t imagine he would give up so soon on all this», a‑t‑il dit, en évoquant l’attrait unique du plateau et du défi mondial que propose encore la catégorie reine.
David Coulthard, lui, ne pense pas que la FIA changera de cap face aux menaces de Verstappen. «I don’t think they will», a estimé l’ex‑pilote F1 dans le podcast Up To Speed. Il a rappelé l’évidence pour l’histoire du championnat: «The sport is bigger than any individual driver… [it] will continue to be around», tout en concédant qu’un départ serait «a huge loss».
À travers ces voix, le message reste clair. Verstappen a beau porter un talent rare et une caisse de résonance planétaire, la F1, selon ces anciens, ne vacillera pas. Le champion ouvre un débat sur les règles 2026 et sur le plaisir de piloter. Eux renvoient à la permanence du championnat et à la profondeur du vivier. Le sport continue, avec ou sans lui.